Publié le
24/09/2026
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L’IA au service des idées et des talents : l’AACC engage la profession
À travers son nouveau film manifeste, « Si on s’engageait pour le meilleur avec l’IA », la Commission IA & Innovation de l’AACC invite toute la profession à réfléchir collectivement à la place qu’elle souhaite donner à ces nouveaux outils.
Les agences, pionnières et vigilantes
Les agences comptent parmi les premières à s’être emparées de l’intelligence artificielle. Elles y voient un formidable terrain d’expérimentation créative pour nourrir leurs projets et mieux accompagner leurs clients, et n’hésitent pas à investir pour rester à la pointe de ces technologies, tout en gardant un œil attentif sur la responsabilité de leurs usages.
Pour un secteur qui pèse 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France au sein des Industries Culturelles et Créatives (Panorama EY, décembre 2025), la question dépasse le seul enjeu créatif : c’est aussi un enjeu économique de premier plan.
Un manifeste pour remettre l’humain au centre
Coprésidée par Tiphaine du Plessis (présidente de BETC FULLSIX et co-présidente de l’AACC) et David Raichman (ECD d’Ogilvy Paris), la Commission IA & Innovation fixe le cap : faire de l’IA un outil au service de la créativité et de la valeur, jamais l’inverse.
Le manifeste s’articule autour de dix engagements concrets, pensés pour interroger les usages de l’IA et en faire une véritable alliée de la création de valeur, plutôt qu’une simple promesse de vitesse ou d’automatisation.
Un film à l’image du secteur : craft et IA main dans la main
Dans un secteur où l’image et le savoir-faire portent les idées, il fallait que le film lui-même incarne ce discours. Le choix de l’artiste Elsa Secco s’est imposé naturellement : elle dessine, mobilise l’IA à certaines étapes de son travail, puis reprend la main pour retravailler ses images avec ses propres techniques d’illustration et d’animation. Une démarche qui fait écho au processus créatif des agences elles-mêmes, où l’IA augmente les possibilités sans jamais se substituer au regard ni à l’intention des équipes créatives.
« Je ne veux pas que l’IA aille plus vite ou remplace ce que j’aime faire : dessiner et animer », explique l’artiste. « Je l’utilise là où elle peut augmenter mes possibilités, puis je reprends la main et retravaille les images avec mes techniques d’illustration et d’animation. L’enjeu pour moi est de profiter de ce que l’IA peut apporter tout en gardant ma valeur d’artiste. »
Elsa Secco
La musique, composée par Daniel Raichman, et la voix de Leslie Legrand achèvent de donner corps à cette approche.
De la vision aux actions concrètes
Un manifeste n’a de sens que s’il se prolonge dans l’action. C’est pourquoi la Commission IA & Innovation travaille avec les autres commissions et clubs de l’AACC pour couvrir l’ensemble des enjeux que soulève l’IA. Avec la Commission RSE, elle s’attelle à mesurer les impacts environnementaux et sociaux de ces usages en agence. Avec la Commission Juridique, elle accompagne l’évolution des pratiques contractuelles et l’application de l’AI Act européen.
Autre initiative phare : le FrAInch Tech Tour permet aux agences de découvrir des solutions d’IA déjà testées par leurs pairs, en donnant la priorité, quand c’est possible, aux acteurs français et européens.
« Les agences sont des pionnières dans l’utilisation de l’IA, elles sont donc pleinement conscientes des enjeux sociaux, environnementaux, économiques, juridiques et éthiques liés aux usages. L’AACC a un rôle à jouer pour accompagner cela : donner à chacun·e les moyens de comprendre, de se former, de tester et de faire des choix éclairés. C’est essentiel pour nos agences, mais aussi pour leur permettre de jouer leur rôle de conseil auprès des annonceurs. »
Tiphaine du Plessis
La formation occupe une place tout aussi centrale dans ce dispositif. Les équipes conseil et création s’initient à l’IA avec Oreegami, tandis que les référents IA se forment plus spécifiquement avec C-Campus. Les dirigeants, eux, sont accompagnés dans l’intégration de l’IA à leur stratégie grâce à l’EXED de l’École Polytechnique, pendant que TAoMA Academy prépare les équipes à négocier les contrats à l’ère de l’intelligence artificielle.
Une transformation déjà bien engagée
Les chiffres confirment cette dynamique. D’après le baromètre de conjoncture économique mené auprès des agences membres depuis janvier 2025 (dernière vague : avril 2026), celles-ci consacrent désormais près de 10 % de leur marge brute à l’IA : entre R&D, licences et tokens, formation et intégration de nouvelles expertises.
Un investissement à la mesure de la conviction que porte l’AACC : l’intelligence artificielle est un outil puissant, capable de donner vie à de grandes campagnes, mais la valeur des agences restera toujours ancrée dans leurs talents et leurs idées. Tout l’enjeu consiste à mettre la technologie à leur service avec discernement, avec responsabilité, et toujours avec le même cap : créer de la valeur.